"ON A ENCORE UNE MARGE DE PROGRESSION"

Dans sa septième saison à Chartres, la meneuse Elise Marié (1,64 m, 26 ans) est actuellement la meilleure passeuse de la Ligue 2 tandis que son équipe pointe aux avant-postes.

Avant d’évoluer en Ligue 2 à Chartres, vous avez tutoyé le haut niveau dès votre plus jeune âge puisque vous vous entrainiez avec les pros de Tarbes à 15 ans…

Oui, après les minimes France à Dijon j’ai fait pas mal de détections et cela m’a emmené jusqu’à Tarbes. Le coach, Alain Jardel, voulait un groupe élargi à l’entraînement et j’ai fait partie des joueuses retenues. Quand je suis arrivé, il y avait Florence Lepron, Isis Arrondo. Elles m’ont beaucoup aidé la première année avec le groupe professionnel.

Ces années à Tarbes ont malheureusement été ternies par deux graves blessures…

À la fin de ma deuxième année, je me suis fait les croisés. À ce moment-là, j’enchainais beaucoup entre les entraînements avec les pros et le centre de formation plus les matchs des espoirs et des cadettes. Mon coach en espoirs me sentait fatigué et comptait me mettre au repos. C’est arrivé le lendemain. Deux ans après, au début la saison 2014-15, je me suis pété l’autre croisé lors d’un match avec les espoirs. Cela signifiait la fin de saison. J’ai repris tranquillement avec les espoirs. J’ai envoyé des CV à gauche à droite. Le coach de Chartres, Benoit Marty, m’a sollicité.

Votre corps vous a-t-il laissé tranquille jusqu’à aujourd’hui ?

J’ai eu quelques soucis physiques qui ont marqué des coups d’arrêts. Néanmoins j’ai toujours pu m’entraîner différemment. Depuis quelque temps, je fais un travail de préparation physique en dehors des séances, avec Guillaume Defois, pendant toute la saison et durant ma préparation estivale pour limiter les risques de blessures. Cela me permet de continuer à progresser encore.

Vous êtes passé d’une saison à l’autre de 5,7 à 7,1 passes par match. À quoi attribuez-vous cette évolution ?

Cela vient de l’équipe tout simplement. Des automatismes et des affinités qui se sont créés assez rapidement sur et en dehors du terrain. Cette année, c’est plus simple de trouver mes coéquipières et puis toutes nos intérieures sont plutôt efficaces dans la raquette - à l’image de Ginette Mfutila.

Sixième l’an passé, votre équipe est première ex aequo (après sept journées). Ces bons résultats traduisent-ils les nouvelles ambitions du club ?

L’ambition est de monter en Ligue Féminine dans quelques années. Le club essaie de se structurer et de faire la meilleure équipe chaque année. C’est une suite logique. On fait vraiment un bon début de saison malgré les blessures, notamment celle de notre Américaine Rayte’a Long qui s’est blessée sur le deuxième match. C’est encore plus positif car on se dit qu’on a encore une marge de progression avec un effectif au complet.

Vous avez peut-être un coup à jouer dès cette année ?

Toulouse et Mondeville sont les deux favoris sur le papier. Avec l’équipe qu’on a et la cohésion qu’on a réussi à trouver, on est capable de faire de belles choses. On est neuf joueuses qui peuvent apporter sur le terrain. Cela peut être une force pour aller le plus loin possible.

Retrouver la Ligue Féminine que vous avez touché du doigt à vos débuts est votre objectif personnel ?

Je ne suis pas quelqu’un qui se projette sur plusieurs années mais après avoir passé autant de temps dans ce club, ce serait beau de jouer en Ligue Féminine avec Chartres. Je me sens vraiment bien dans ce club et la ville. J’ai commencé un projet de reconversion dans l’immobilier. J’aimerais continuer à me former dans ce secteur.

Propos recueillis par Antoine Lessard